Femme observant la lune depuis une terrasse antique illuminée

Lunarium Review : avis complet et honnête

Lunarium débarque dans un genre particulièrement encombré, celui des action-RPG à la sauce Soulslike, et pourtant ce titre indépendant parvient à se distinguer d’emblée. Développé en vue isométrique, il raconte l’histoire d’Ave et Lune, deux héroïnes dont la complicité incarne le véritable moteur du jeu, aussi bien narrativement que dans les mécaniques de combat. Un pari audacieux, et franchement réussi pour l’essentiel.

Une narration et une direction artistique qui coupent le souffle

Ave est une jeune chevalière en formation, originaire du paisible village de Starfall. Quand des créatures cauchemardesques déferlent sur son foyer, elle se retrouve vaincue et ramenée de justesse par Lune, une entité mystérieuse appelée Starfarer. Leur odyssée commune débute ainsi, portée par une écriture émotionnellement dense et sincère. On s’y attache bien plus vite qu’on ne l’aurait imaginé.

L’histoire se déroule à travers des cinématiques façon roman visuel et des entrées de journal rédigées directement par Ave. Ce format donne un cachet distinct à la narration : on lit ses pensées, ses doutes, ses espoirs. La localisation anglaise convient globalement bien, même si l’éditeur indique qu’elle continue d’être affinée régulièrement. Pour un indie sorti en 2026, c’est une attention rare.

Visuellement, Lunarium frappe fort. Les graphismes en 2D dessinés à la main offrent des panoramas époustouflants, et chaque zone traversée possède une identité graphique marquée. Les designs des personnages sont soignés, l’interface reste lisible sans jamais alourdir l’écran. Sur Steam Deck, l’expérience fonctionne remarquablement bien avec un layout manette intuitif. La bande-son, atmosphérique et hantée, colle parfaitement à l’univers sombre du jeu.

Comparé à des titres comme Hollow Knight ou Ender Lilies, Lunarium s’inscrit dans cette tradition des indépendants qui misent sur la cohérence artistique pour compenser un budget limité. Ici, cette cohérence est totale.

Mécaniques de gameplay : entre rigueur soulslike et coopération tactique

Le système de combat repose sur la parade, l’esquive et la synergie avec Lune. Ave attaque au corps-à-corps avec son épée Junonia, tandis que Lune apporte un soutien à distance via ses flèches et des soins limités mais précieux. Bien enchaîner les parades permet de remplir rapidement la jauge d’étourdissement des ennemis, déclenchant alors une attaque dévastatrice de Lune qui ouvre la porte à un festival de dégâts.

Franchement, la parade exige une courbe d’apprentissage sérieuse. Plusieurs boss m’ont pris plusieurs tentatives avant de céder. Bonne nouvelle : un mode Histoire est désormais disponible dans les paramètres pour ceux qui préfèrent suivre l’intrigue sans s’acharner sur des phases de combat ardues. C’est une décision intelligente de la part des développeurs, qui élargit le public cible sans trahir l’ADN du jeu.

  • Parades et esquives : piliers du système de combat
  • Jauge d’étourdissement : clé de l’attaque combinée Ave/Lune
  • Soins de Lune : rares, donc à gérer stratégiquement
  • Mode Histoire : option accessible pour les moins aguerris

Un bémol que je ne peux pas taire : Ave se déplace assez lentement en début de partie, surtout avant les premiers boosts de statistiques. On a l’impression de patauger. Ça s’améliore nettement une fois l’habitude prise et les compétences débloquées, mais les premières heures peuvent décourager.

Progression, crafting et exploration : un système intégral mais exigeant

Lunarium présente un arbre de compétences robuste pour les deux héroïnes, alimenté par des fragments récupérés sur les ennemis. Ces mêmes fragments servent aussi de monnaie d’échange et de matériaux de craft. Tout partage le même pool de ressources, ce qui oblige à prioriser constamment ses dépenses.

Ressource Usage principal Source principale
Fragments Monnaie, craft, compétences Ennemis vaincus
Matériaux rares Amélioration des manteaux Exploration des zones
Éclats spéciaux Augmentation de santé et résonance Secrets cachés dans les niveaux

Le Sanctuaire constitue la base d’opérations centrale : on y fabrique des équipements, on cultive des plantes pour récolter des matériaux, on développe l’arbre de compétences. Ave peut aussi y confectionner des manteaux sur le métier à tisser, chaque manteau conférant des avantages tactiques distincts. Lune peut y ajouter des charmes brodés qui boostent passivemnt les statistiques du duo, à la manière d’accessoires d’équipement dans un RPG classique.

Le village de Starfall, lui, sert de hub social. On y retrouve la grand-mère d’Ave, ses deux frères et sœurs jumeaux qui tiennent boutique, et le maître d’armes capable d’améliorer Junonia. Des événements narratifs s’y débloquent régulièrement, renforçant l’attachement aux personnages secondaires. L’exploration des différentes zones récompense aussi par des éclats cachés qui augmentent les jauges de santé et de résonance, une vraie incitation à ne pas foncer droit au but.

Verdict : Lunarium mérite sa place dans le panthéon des indés ARPG

Si vous hésitez encore, gardez en tête que les titres indépendants font l’objet de tests complets pour aider à choisir où investir son temps. Lunarium, lui, mérite clairement le sien.

Pour moi, la force absolue de ce jeu réside dans le lien entre Ave et Lune. Leur relation évolue naturellement, portée aussi bien par l’écriture que par la conception des combats. Voir ces deux personnages grandir ensemble procure une satisfaction rare. Les boss sont redoutables, l’exploration est gratifiante, et la direction artistique reste dans un coin de la tête longtemps après la partie.

La lenteur initiale du personnage et la difficulté des parades peuvent freiner les joueurs peu patients. Mais ces obstacles font partie de l’équation : les surmonter génère une fierté authentique. Le mode Histoire adoucit la courbe pour qui veut prioritairement profiter du récit. Lunarium réussit l’essentiel, à savoir présenter une étoile brillante dans le ciel parfois homogène du jeu indépendant.