Femme magicienne entourée d'esprits dans un paysage sombre

Lost Eidolons Veil of the Witch : notre avis complet

Lost Eidolons : Veil of the Witch est sorti il y a près d’un an, et franchement, ce jeu méritait bien plus d’attention qu’il n’en a reçu. Dans un marché saturé de titres à gros budgets, ce tactical RPG indépendant s’est fait discret. Une erreur collective, car il comble un vide que peu de jeux du genre ont su remplir avec autant d’efficacité.

Un tactical RPG roguelite qui tient ses promesses

Le cœur du gameplay repose sur une grille carrée classique, avec des unités qui se déplacent chacune leur tour. Attaque, compétence de combat, sort : rien de révolutionnaire à première vue. Cinq personnages par camp, des rotations d’ennemis, et un objectif presque systématiquement identique (éliminer tous les adversaires ou le boss). Ce squelette bien connu du genre ne prétend pas réinventer la roue.

Là où le jeu décolle vraiment, c’est dans sa couche roguelite. À chaque montée de niveau, un personnage choisit entre deux améliorations de statistiques ou débloque une compétence inédite. Les raretés varient, mais une compétence commune peut s’avérer plus utile qu’un pouvoir rare selon le build en cours de construction. Cette philosophie du « composer avec ce qu’on a » est exactement ce qui rend chaque run unique.

Le système de progression entre les runs emprunte beaucoup à Slay the Spire, sorti en 2019. Trois actes, des embranchements avec deux ou trois chemins visibles, des récompenses clairement indiquées : or, améliorations d’équipements, ou reliques passives. Les croisés d’épées signalent les combats ; le reste dépend de vos priorités du moment. Faut-il prendre le chemin le plus rentable ou foncer dans la bataille pour grinder des niveaux avant le boss d’acte ? Ce type de décision, simple en apparence, devient rapidement savoureux.

Pour ceux qui connaissent bien le genre et souhaitent situer ce jeu parmi les références, pensez au tactical RPG Fire Emblem : The Sacred Stones, qui partage cette même rigueur tactique. Veil of the Witch y ajoute une dimension roguelite que peu de concurrents ont su exploiter aussi proprement.

Une progression méta riche et des combats qui récompensent la persévérance

Mourir dans ce jeu n’est pas une punition. C’est presque une stratégie. La mort génère des ressources méta qui permettent de promouvoir les personnages, de renforcer leur arbre de compétences passives, d’améliorer la boutique ou de fabriquer des amulettes (trinkets) aux effets très puissants mais limités par run. Ce système d’usages limités évite tout déséquilibre, et c’est bien pensé.

Voici ce que permet concrètement la progression méta entre les runs :

  • Promotion de classe (jusqu’à deux fois), ouvrant de nouvelles compétences dès le départ
  • Renforcement offensif, défensif et utilitaire via un réseau de bonus passifs
  • Amélioration de la boutique pour des offres plus intéressantes
  • Fabrication et équipement d’amulettes pour des sorties de secours fiables
  • Conversion de devises entre elles via l’alchimie si les autres formules ne vous intéressent pas

Les boss d’acte conservent leur identité d’une run à l’autre, mais leurs capacités et bonus évoluent significativement selon vos victoires. La difficulté augmente intelligemment, et si vous souhaitez encore plus de challenge, un système de points permet d’activer des malus : prix de boutique majorés, ennemis boostés, déplacement adverse imprévisible. Chaque seuil de points franchis augmente les récompenses de progression, ce qui compense l’effort demandé.

Élément Détail Impact sur le gameplay
Compétences actives Plusieurs raretés, uniques par classe Adapte chaque run à l’aléatoire
Reliques passives Bonus persistants sur toute la run Renforce la cohérence du build
Amulettes (trinkets) Très puissantes, usages limités Offre des sorties tactiques d’urgence
Mode difficulté Système de points modulables Augmente le défi et les gains méta

Histoire, direction artistique et performances vocales

Ashe, le protagoniste, échoue sur une plage hostile, combattant des morts-vivants et des fanatiques impériaux. Frappé d’amnésie, il est sauvé à plusieurs reprises par une sorcière mystérieuse nommée Sable, pour des raisons que le jeu dévoile progressivement. La quête : éradiquer la menace des non-morts sur l’île, depuis le bastion de Pelikos.

Le prétexte narratif d’un amnésique cherchant à terrasser un dieu n’est pas neuf. Mais chaque personnage dispose d’une personnalité affirmée, d’objectifs propres, et leurs interactions, qu’elles soient solidaires ou conflictuelles, constituent l’un des vrais points forts du jeu. Ce n’est pas l’intrigue qui retient, c’est l’attachement aux personnages.

Le doublage vocal est franchement excellent. Chaque acteur colle à son rôle, que la scène exige de la puissance ou de la subtilité. Pour un titre indépendant au montant modeste, c’est une performance rare. La musique, elle, reste dans un registre fonctionnel : tambours graves, cuivres guerriers, énergie rock en combat. Rien d’ostentatoire, mais tout sert l’ambiance.

Côté visuels, les illustrations des personnages et les stills narratifs compensent largement des animations et environnements en deçà des standards AAA actuels. Ce n’est pas un défaut rédhibitoire : l’identité artistique est sincère, cohérente, et le soin apporté aux designs transpire à chaque écran.

Un jeu à saisir, surtout si vous avez trente heures devant vous

Trente heures environ suffisent pour boucler complètement Lost Eidolons : Veil of the Witch, même si ce chiffre varie fortement selon vos performances en combat. C’est une durée honnête, sans rembourrage inutile. Le jeu respecte votre temps, et ça se sent.

Pour les perfectionnistes, des défis et succès supplémentaires attendent au-delà de l’histoire première. Les completionistes y trouveront de quoi s’occuper encore un bon moment. Mais même sans aller jusque-là, chaque run propose une expérience tactique dense et satisfaisante, portée par un système de progression méta dont on ne se lasse pas.

Franchement, si vous aimez les tactical RPG ou les roguelites, ne passez pas à côté. Ce jeu mérite largement sa place dans votre ludothèque. Note : 8/10.