Chevalière en armure bleue tenant une épée lumineuse face à un château flottant

Echoes of Aincrad Review : notre avis complet

Echoes of Aincrad débarque en 2026 avec une promesse séduisante : plonger les joueurs dans l’univers de Sword Art Online, cet MMORPG virtuel où mourir dans le jeu signifie mourir dans la réalité. Un cadre fort, une IP populaire, et pourtant… la déception est quasi immédiate. Après des dizaines d’heures passées à gravir les étages d’Aincrad, le verdict est sans appel.

Un monde creux malgré un concept prometteur

Le pitch de base reste passionnant. Cent étages suspendus au-dessus des nuages, chacun censé représenter un nouveau monde à conquérir, avec la liberté comme horizon. Le cadre narratif d’Aincrad possède une vraie densité thématique : la mort permanente, l’enfermement dans un jeu, la nécessité de monter jusqu’au sommet pour survivre. Franchement, sur le papier, difficile de faire plus accrocheur pour un RPG d’action.

Le problème, c’est qu’Echoes of Aincrad n’exploite jamais ce potentiel. Vous incarnez votre propre personnage plutôt que Kirito, le protagoniste de l’anime. L’idée semblait bonne au départ. Sauf que ce choix ne mène nulle part : votre avatar n’a aucune histoire, aucune raison d’être dans ce monde, et les personnages qui l’entourent restent désespérément plats du début à la fin. La promesse du Death Game, ce sentiment constant de danger mortel, disparaît en quelques minutes. Les personnages évoquent le péril, mais se comportent comme s’ils participaient à une sortie scolaire.

Pire encore, le jeu ne couvre que les deux premiers étages du château flottant. Deux. Sur cent. Aincrad est censé représenter l’immensité, la verticalité, l’infini. Ici, il se réduit à un couloir légèrement plus grand que prévu. Quand de nouvelles zones apparaissent sur le second étage, elles ne changent rien à la formule ni à l’ambiance générale.

Un gameplay répétitif qui s’essouffle rapidement

La boucle de jeu se résume à une séquence qui ne varie jamais : lancer une mission, éliminer des ennemis, récupérer des matériaux, rentrer en ville, améliorer son équipement, distribuer des points de statistiques, recommencer. Ce cycle se répète à l’identique pendant toute la durée du jeu. Aucune rupture, aucune surprise.

Les systèmes RPG tentent de masquer cette vacuité. La répartition des stats semble libre au départ, les améliorations d’armes arrivent fréquemment, et les compagnons évoluent en parallèle. Mais tout cela ne produit qu’une croissance purement verticale, sans jamais modifier réellement la façon de jouer. Le système EX-MOD, censé permettre d’améliorer les armes avec des traits spécifiques, illustre parfaitement le problème : on peut techniquement personnaliser son équipement, mais les effets concrets sur le gameplay restent négligeables.

Pour comparer rapidement les différents piliers du jeu :

Aspect Promesse Réalité
Progression du personnage Flexible et profonde Augmentation de stats, sans impact réel
Exploration 100 étages à découvrir 2 étages peu variés
Ennemis Bestiaire varié Sangliers et loups recyclés à l’infini
Quêtes Aventures narratives Collecte / élimination en boucle

Le combat reprend les codes du RPG d’action classique : Sword Skills, Partner Skills pour les attaques, esquive et gestion de l’endurance avec une légère touche souls-like. Ce n’est pas désagréable les premières heures. Mais sans variété suffisante dans les situations rencontrées, même les labyrinthes (pourtant les zones les plus intéressantes du jeu, avec leurs couloirs sinueux) finissent par lasser. Les ennemis eux-mêmes souffrent d’un manque flagrant de créativité : un sanglier, un loup, puis le même sanglier avec 20% de points de vie supplémentaires.

Présentation correcte, narration inexistante

Graphiquement, le titre rappelle un RPG de fin de génération PS3, avec davantage de détails et une résolution plus élevée. Les modèles de personnages et les environnements restent propres, fidèles à l’esthétique anime de Sword Art Online. Certaines zones dégagent même une vraie beauté visuelle. Le souci, c’est que cette beauté se répète. On prédit l’apparence de la prochaine zone avant même d’y arriver tellement les décors se ressemblent.

La bande-son suit la même logique : correcte, jamais gênante, mais totalement oubliable. Aucun thème ne marque durablement. La répétition, encore une fois, finit par user.

Quelques bugs viennent s’ajouter à la liste des défauts. Les compagnons se bloquent régulièrement dans le décor. Un bug spécialement sévère a forcé un redémarrage complet lors d’un combat de boss, le personnage ayant traversé une porte et bloqué l’intégralité de l’événement. Incident isolé, certes, mais symptomatique d’un manque de finition général.

Les principales raisons pour lesquelles le jeu déçoit :

  • Une narration fonctionnelle mais sans enjeux réels
  • Des quêtes interchangeables sans évolution sur la durée
  • Un bestiaire pauvre recyclé sans complexité supplémentaire
  • L’absence totale de progression horizontale dans le gameplay
  • Des compagnons sans personnalité marquante

Ce que les fans de RPG devraient savoir avant d’acheter

Si vous appréciez les RPG d’action exigeants et bien construits, pensez à des titres comme The Legend of Zelda : Tears of the Kingdom, qui montre ce qu’une liberté de conception bien maîtrisée peut produire. Echoes of Aincrad se situe à des années-lumière de ce niveau de conception.

Même les fans de Sword Art Online trouveront que l’univers d’Aincrad s’effrite rapidement. La magie de la licence ne suffit pas à maintenir l’intérêt au-delà des premières heures. Pour les joueurs peu familiers de l’anime, le constat sera encore plus rude : sans l’attachement à l’IP, il ne reste presque rien pour justifier le temps investi.

Le vrai problème d’Echoes of Aincrad, c’est qu’il confond un concept avec un jeu complet. L’idée d’Aincrad mérite mieux qu’une boucle de gameplay figée et une narration fantôme. Si vous cherchez un RPG d’action avec de la profondeur, passez votre chemin. Note : 4/10. Un titre qui aurait peut-être eu sa place en 2012, mais qui arrive en 2026 sans avoir fait ses devoirs.