Guerrier roux brandissant une épée magique dorée dans des ruines

Ys Mémoire : Révélations in Celceta – avis et test complet du jeu

Ys Mémoire : Révélations in Celceta débarque sur Nintendo Switch en 2026, treize ans après la sortie originale sur PlayStation Vita. Falcom et XSEED reprennent donc l’une des entrées les plus accessibles de la série pour lui offrir une seconde vie. La question qui se pose franchement : cette remasterisation justifie-t-elle l’achat, ou s’agit-il d’un simple coup de peinture sur un titre déjà solide ?

Un gameplay riche qui tient encore la route

Le système de combat en temps réel reste l’un des atouts majeurs du jeu. On contrôle une équipe de personnages que l’on peut switcher à volonté, chaque combattant disposant d’un type d’arme autre — slash, frappe ou portée — pour exploiter les faiblesses ennemies. Ce système de switch encourage une gestion active et dynamique du groupe, bien loin du tour par tour classique. La difficulté est présente, mais sans l’aspect punitif extrême des premiers épisodes de la franchise.

Chaque personnage possède également une compétence hors combat indispensable à l’exploration. Frieda scelle des fissures magiques pour débloquer de nouvelles zones, Ozma brise des murs retenant l’eau, Calilica active des plateformes mécaniques dans les donjons. Ce système rappelle fortement les aptitudes des membres du groupe dans les anciens Wild ARMs. C’est une mécanique de puzzle-RPG bien pensée, qui donne un vrai poids à chaque recrue.

Les Artefacts viennent compléter ce dispositif :

  • Le Bracelet des Nains rétrécit le groupe pour traverser des passages étroits.
  • Le Bracelet Hydra permet d’accéder aux zones sous-marines.
  • Les Chaussures de Rafale autorisent une course si rapide qu’on peut escalader des parois verticales.
  • Le Collier de la Bête Sacrée transforme le groupe en Roo pour communiquer avec les monstres.

L’univers de Celceta ressemble davantage à un JRPG traditionnel qu’à un pur action-RPG : de multiples villes animées, des PNJ aux dialogues évolutifs, des tableaux d’affichage communautaires proposant des quêtes annexes. C’est une approche engageante qui séduit aussi bien les habitués que les nouveaux venus dans la série.

Une histoire d’amnésie bien plus fine qu’il n’y paraît

Adol Christin perd la mémoire dès le début de l’aventure. Sur le papier, ce ressort narratif est usé jusqu’à la corde dans le RPG japonais. Pourtant, Falcom parvient à en faire quelque chose de genuinement intelligent. L’amnésie n’est pas un prétexte — elle constitue le moteur même du récit, et c’est précisément ce dispositif qui permet enfin d’étudier qui est vraiment Adol.

Dans les autres épisodes de la série, le héros roux connaît son identité et n’a aucune raison de se livrer. Ici, retrouver ses souvenirs devient une exploration de sa propre personnalité. On découvre un garçon d’origine modeste, curieux des cultures étrangères, qui a dû travailler dur pour accomplir ses buts — rien du talent inné tombé du ciel. Ce portrait humanise un personnage longtemps perçu comme simple avatar silencieux.

Le jeu intègre des choix de dialogue qui permettent de jouer Adol de manière sérieuse ou décalée selon l’humeur du moment. La réplique « Damned straight ! » disponible à un moment particulier reste mémorable. Ces options maintiennent un sentiment d’implication réelle dans les scènes narratives clés.

Les personnages secondaires méritent également mention. Gruda constitue un antagoniste manipulateur dont les motivations sont cohérentes et fouillées. Griselda, cheffe rejetée par les siens, défend ses convictions avec une dignité touchante. Même les PNJ anonymes ont des histoires personnelles et des dialogues qui évoluent selon la progression de l’intrigue. La seule déception concerne Leeza, trop peu présente malgré son importance narrative.

Pour les fans de la franchise, les références à Ys : The Oath in Felghana, Ys : The Arc of Napishtim et Ys SEVEN enrichissent l’expérience. L’apparition de Dogi réserve une vraie surprise. Mais le récit reste parfaitement compréhensible sans connaître la série — c’est là une qualité rare.

Remaster minimaliste — ce que gagne (et ne gagne pas) le jeu

Soyons honnêtes : Ys Mémoire : Révélations in Celceta ne modernise pas l’édition originale de 2013. Les graphismes 3D accusent leur âge, et les illustrations des cutscènes importantes, bien que splendides, ne masquent pas totalement la datation visuelle. Les icônes HUD en haute résolution apportent un confort minimal. Comparé à d’autres remasters sortis récemment — y compris la version remasterisée de Tales of Xillia —, l’effort technique reste modeste.

Aspect Version Vita (2013) Version Switch (2026)
Graphismes Corrects pour l’époque Identiques, HUD amélioré
Bande-son OST originale OST + arrangements Mémoire
Doublage Partiel et limité Partiel et limité
Scénario Complet Inchangé

La vraie nouveauté tient à la bande-son. Une version arrangée baptisée « Mémoire » accompagne désormais l’aventure, avec la possibilité de basculer vers l’OST d’origine à tout moment. Falcom étant réputé pour la qualité de ses compositions — la musique de la série reste parmi les plus célébrées du genre — cette addition est loin d’être anodine. Les deux versions valent l’écoute.

Pour les nouveaux joueurs, Révélations in Celceta représente une porte d’entrée idéale dans la saga, juste derrière Ys X : Nordics. Pour les vétérans qui ont déjà parcouru Celceta sur Vita, la décision d’investir dépend surtout de l’attachement aux arrangements musicaux. Le jeu de base reste solide — mais le remaster lui-même ne convainc pas pleinement sur la forme.

Un conseil actionnable — si vous n’avez jamais touché à la série Ys et que la Nintendo Switch est votre plateforme principale, lancez-vous sans hésiter sur ce titre. L’aventure dure environ 25 à 30 heures pour une première exploration complète, un rapport qualité-durée très correct pour un ARPG de cette envergure.