Starfield a débarqué sur PlayStation 5 avec tout le poids de deux ans de débats acharnés. Certains voyaient en lui le RPG de la décennie, d’autres un échec cuisant. Difficile d’arriver sur cette version sans une idée préconçue. Pourtant, c’est exactement ce qu’il faut faire : oublier le bruit, lancer le jeu, et se forger son propre avis. Voici le mien, sans filtre.
Un RPG spatial qui trahit ses propres promesses
Soyons directs : Starfield n’est pas un jeu d’exploration spatiale. C’est un RPG Bethesda qui se déroule dans l’espace, et la nuance compte énormément. Si tu arrives en cherchant la liberté totale de No Man’s Sky ou la profondeur narrative d’un Mass Effect, tu vas te heurter à une réalité décevante. La boucle de jeu, elle, est fidèle à l’ADN du studio : accepter une quête, en déclencher trois autres par accident, piller absolument tout ce qui traîne, progresser par petits paliers. Ça fonctionne, mais ça met du temps à s’enclencher.
Les premières heures sont franchement laborieuses. L’exposition est lourde, les systèmes s’entremêlent sans se présenter clairement, et la quête principale autour de Constellation — ce groupe d’explorateurs à la recherche d’artefacts mystérieux — ne parvient jamais à créer un sentiment d’urgence réelle. Pour un jeu qui prétend vous immerger dans un univers galactique, c’est un démarrage raté. Les meilleures expériences se trouvent dans les quêtes annexes, les lignes narratives des factions notamment, qui offrent une direction plus claire, même si le monde réagit peu à vos décisions.
C’est là que le problème de réactivité se révèle pleinement. Les choix de dialogue convergent trop souvent vers les mêmes issues, les personnages clés restent hors d’atteinte de vos décisions, et l’illusion de liberté s’évapore dès que vous testez ses limites. Comparé à The Witcher 3 ou même aux anciens Fallout, le monde de Starfield semble hermétique à votre présence.
Mille planètes, mais un vide criant sous la surface
L’argument marketing des 1 000 planètes explorables fait rêver sur le papier. En pratique, il masque un problème structurel majeur. Les planètes générées procéduralement — et elles sont légion — ressemblent aux environnements les plus insipides que j’aie vus dans un RPG moderne. Les motifs se répètent, les structures de base se clonent d’un monde à l’autre, et l’effet de surprise disparaît rapidement. À l’opposé, les zones construites manuellement comme New Atlantis témoignent d’une vraie ambition artistique. Le contraste est brutal, et il ne met pas la génération procédurale en valeur.
La navigation entre ces mondes aggrave encore l’immersion. Voyager dans l’espace se résume à ouvrir un menu, sélectionner une destination, et regarder une transition. Vous ne pilotez pas vraiment à travers l’espace : vous passez d’un hub à l’autre. L’immersion en prend un coup sévère. La mise à jour Free Lanes, incluse dans cette version PS5, introduit un mode Croisière avec pilote automatique permettant d’interagir avec vos compagnons ou d’utiliser les établis en chemin. C’est un pas dans la bonne direction, mais ça ne règle pas le fond du problème : l’espace reste un couloir entre deux objectifs.
Voici ce que propose concrètement chaque pilier de personnalisation :
- Construction de vaisseaux : le système le plus abouti du jeu, profond sans être hermétique
- Avant-postes : utiles, mais peu intégrés à la narration
- Arbre de compétences : flexible, permet des builds variés sans contraindre
La construction de vaisseaux est, franchement, la meilleure chose que Starfield ait à offrir. On passe des heures à ajuster des détails déjà corrects, juste pour le plaisir. C’est là que le jeu libère vraiment.
Technique, audiovisuel et verdict : ce que vaut vraiment ce jeu en 2026
Visuellement, Starfield sait occasionnellement convaincre. Les horizons planétaires, les cityscapes denses, les ambiances lumineuses au coucher de soleil — il y a de vraies réussites artistiques ici. Mais cette cohérence graphique s’effrite sur les planètes procédurales, où les décors se recyclent sans pudeur. La bande-son composée par Inon Zur suit la même logique — orchestrale, ambitieuse, fonctionnelle dans le moment, mais rarement mémorable sur la durée.
| Critère | Note /10 |
|---|---|
| Narration principale | 5 |
| Construction de vaisseaux | 8 |
| Exploration spatiale | 4 |
| Graphismes (zones manuelles) | 7 |
| Stabilité technique (PS5) | 3 |
Les problèmes techniques de cette version PS5 sont difficiles à ignorer. Plusieurs crashs répétés ont forcé des rechargements sur des sauvegardes bien antérieures. Certains joueurs rapportent une expérience encore plus dégradée. Bethesda a annoncé des correctifs, mais à la sortie, chaque chargement de zone ressemblait à un pari. C’est inacceptable pour une version commercialisée deux ans après la sortie originale.
Si vous cherchez un RPG spatial solide et narrativement riche, je vous recommande plutôt de jeter un œil à notre test complet de Wander Stars, notre avis détaillé sur ce RPG spatial captivant, qui cherche des mécaniques plus cohérentes avec ses ambitions. Starfield, lui, reste à mi-chemin entre ce qu’il promet et ce qu’il livre. La boucle Bethesda tient encore à peine, mais elle ne compense pas les lacunes structurelles d’un jeu qui, trop souvent, se met lui-même des bâtons dans les roues. Pas nul, mais loin d’être indispensable.
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