Ville fantastique avec tours brillantes, marchés et habitants magiques.

Town of Zoz review : avis complet et guide

Town of Zoz, développé par Studio Pixanoh, débarque dans un marché saturé de farming RPG inspirés par Stardew Valley. Mais ce titre prend un pari risqué : abandonner le pixel art 2D pour adopter une esthétique low-poly colorée, directement héritée des années PlayStation 2. Le résultat est visuellement séduisant, narrativement solide… et mécaniquement décevant.

Une direction artistique et une narration qui font mouche

Visuellement, Town of Zoz est franchement impressionnant. Les cinématiques en animation dessinée à la main débordent d’expressivité, quelque part entre l’anime et les cartoons du samedi matin. Le rendu in-engine rappelle des titres cultes comme Dark Cloud 2 ou Mega Man Legends : cell-shading vibrant, palettes chaudes, environnements qui respirent. La bande sonore mêle influences électroniques et sonorités latino-américaines pour construire un univers sonore cohérent, loin du folklore générique que l’on retrouve trop souvent dans le genre.

Le design des personnages intègre des codes vestimentaires issus des traditions indigènes d’Amérique centrale, avec une touche contemporaine qui évite le folklore de carte postale. Cette identité culturelle affirmée distingue Town of Zoz de la immense majorité de ses concurrents, qui recyclent inlassablement les mêmes références européennes médiévales ou japonaises.

Côté scénario, le jeu suit Ito, un jeune homme qui revient dans sa ville natale (la fameuse Zoz) après un long séjour solitaire en compagnie de son esprit gardien, Zee. La tension avec son père Conki, guerrier méfiant envers les esprits, structure toute l’évolution émotionnelle du personnage. Cette relation père-fils, son développement progressif, les non-dits et les réconciliations partielles, constitue le véritable moteur narratif. C’est bien écrit, parfois touchant, même si l’intrigue met du temps à s’emballer et perd un peu de rythme dans ses derniers actes.

La communauté de Zoz contribue énormément à l’attachement qu’on développe pour cet univers. Boomi, la coureuse-livrière toujours dans le pétrin, Zade le brocanteur geek qui améliore vos capacités via des soul carts (des cartouches d’esprits étrangement similaires aux cartouches Nintendo 64), ou encore Osana la forgeronne au grand coeur : chaque personnage secondaire apporte une épaisseur bienvenue. Interagir avec eux ne se résume pas à cocher des cases de quêtes.

Un gameplay farming déséquilibré et un système de combat raté

C’est ici que le bât blesse. Town of Zoz se présente comme un farming RPG, mais la balance penche très lourdement du côté action-RPG, et pas dans le bon sens. Comparé à un Rune Factory qui maintient un équilibre sain entre exploration, combat et gestion agricole, le volet farming du titre de Studio Pixanoh fait peine à voir.

Ito dispose de quelques parcelles autour de la maison familiale. On arrose, on récolte, on vend ou on cuisine. Voilà, c’est à peu près tout. Pas de gestion saisonnière, pas de calendrier, pas de système de craft avancé. La barre d’endurance n’a même aucune utilité en dehors des combats. Ce tableau résume les fonctionnalités farming attendues et ce que le jeu propose réellement :

Fonctionnalité Attendue dans le genre Présente dans Town of Zoz
Gestion saisonnière Oui Non
Calendrier agricole Oui Non
Crafting avancé Oui Non
Stamina farming Oui Non
Cuisine avec buffs Variable Oui (limité)

La cuisine mérite un mot particulier. Le mini-jeu de préparation repose sur des quick time events basiques, et chaque plat accorde un buff journalier à Ito. Mais les recettes débloquées dépendent de l’avancement scénaristique, ce qui réduit drastiquement votre marge de manoeuvre. Eeza, la mère d’Ito, vous cuisine souvent un repas imposé par l’histoire, supprimant toute planification stratégique. L’intégration narrative est charmante, l’implémentation mécanique beaucoup moins.

Le combat constitue le problème le plus sérieux. Voici les défauts qui s’accumulent :

  • Le dash ne dispose d’aucune frame d’invincibilité, rendant les esquives souvent inutiles.
  • Les combos ne peuvent pas être annulés une fois lancés, ce qui crée des situations d’exposition injuste.
  • Les ennemis encaissent des quantités absurdes de dégâts, surtout dans les zones corrompues de la deuxième moitié.
  • La solution optimale se résume systématiquement à encaisser les coups et consommer des soins en boucle.
  • Le saut n’est accessible qu’en sprint vers une corniche, ce qui rend les sections de plateforme frustrantes, surtout quand l’endurance manque.

Les 80 à 90% du temps de jeu occupés par les donjons et les combats rendent ces lacunes particulièrement pesantes. Pour contextualiser : si vous appréciez les SRPG exigeants comme Disgaea 7, attendez-vous ici à une profondeur tactique bien inférieure.

Ce que Studio Pixanoh devrait corriger en priorité

Au-delà du gameplay, Town of Zoz souffre de problèmes techniques sérieux : crashs fréquents, bugs de softlock, textures qui se chargent à moitié. Ces défauts ne relèvent pas du détail cosmétique : ils impactent directement la progression et la confiance accordée au titre.

La priorité absolue devrait être de retravailler les fondamentaux du combat. Ajouter des frames d’invincibilité sur le dash, permettre l’annulation des combos, et rééquilibrer la résistance des ennemis transformerait l’expérience de façon significative. Renforcer le farming avec un système saisonnier et un craft plus profond apporterait la densité qui manque aujourd’hui.

Town of Zoz mérite une note de 5,5/10. Son identité visuelle et culturelle est rare, son écriture sincère. Mais une promesse artistique ne suffit pas à compenser un gameplay bancal et une stabilité technique insuffisante. Surveillez les mises à jour futures : le potentiel est bien là, Studio Pixanoh doit maintenant s’en montrer digne.