Elden Ring totalise plus de 25 millions d’exemplaires vendus depuis sa sortie en 2022. Ce chiffre n’est pas un accident. Pourtant, ce n’est qu’à ma deuxième partie, cette fois sur Switch 2 avec la Tarnished Edition, que j’ai vraiment compris pourquoi ce jeu mérite autant d’éloges. Ironiquement, c’est une version techniquement inférieure qui m’a ouvert les yeux.
Une liberté de jeu qui redéfinit le genre
Ma première run d’Elden Ring était celle d’un joueur borné. Pas de summons, pas de bouclier, pas de magie. Uniquement mon épée à deux mains et mon ego. J’explorais chaque catacombe, affrontais chaque boss, vidais chaque recoin de la carte. Résultat : l’épuisement total. Je terminais le jeu avec l’impression d’avoir coché des cases plutôt que d’avoir vécu une aventure.
Cette fois, j’ai joué autrement. J’ai laissé le monde venir à moi, adapté mon build selon les obstacles, ignoré les donjons qui ne m’attiraient pas. Et là, quelque chose s’est débloqué. La vraie force d’Elden Ring, ce n’est pas la difficulté ni l’exploration forcée : c’est la liberté authentique qu’il accorde. Liberté de construire son personnage, de raconter sa propre histoire, de choisir ses batailles.
Comparé à Dark Souls III, dont les combats de boss restent plus cohérents et jouissifs, ou à Bloodborne, dont l’atmosphère unique reste imbattable, Elden Ring suggère quelque chose de différent. Il offre la plus grande toile sur laquelle un jeu FromSoftware vous a jamais invité à peindre. Ce n’est pas le plus chirurgical. Ce n’est pas le plus atmosphérique. Mais c’est le plus généreux.
L’extension Shadow of the Erdtree, incluse dans cette édition, illustre parfaitement cette générosité. Sa carte verticale, surprenante dans sa connectivité, propose des zones mémorables avec une ambiance sombre et mélancolique. Certains boss y sont franchement punitifs selon les builds, et je maintiens que ce déséquilibre est un vrai problème de design. Mais même là, le jeu vous donne les outils pour vous adapter si vous acceptez de les utiliser.
Performances sur Switch 2 : le compromis acceptable
Soyons directs : la Tarnished Edition sur Switch 2 n’est pas la meilleure version d’Elden Ring. Sur PS5, le jeu tourne en 60 FPS avec une netteté irréprochable. Sur Switch 2, on accepte des concessions significatives.
| Critère | PS5 | Switch 2 (docké) | Switch 2 (portable) |
|---|---|---|---|
| Fréquence d’images | 60 FPS stables | 30 FPS (capé) | 30 FPS (légers drops) |
| Résolution | 4K/1440p | Réduite | Plus douce encore |
| Pop-in et draw distance | Quasi absents | Notables | Présents, acceptables |
| Stabilité en combat | Excellente | Correcte | Correcte |
En mode docké, les 30 FPS se maintiennent raisonnablement, même lors des combats chaotiques avec météores et effets de particules. Le vrai problème, c’est le reste : l’éclairage aplati, la distance d’affichage réduite, et un pop-in constant qui casse l’immersion dans un jeu où la beauté du monde fait partie intégrante de l’expérience. Les zones de Shadow of the Erdtree souffrent légèrement plus que le jeu de base.
Le mode portable m’a sincèrement surpris. L’image est plus douce, certes, mais la différence avec le mode docké reste faible. J’ai affronté plusieurs boss sans ressentir de handicap majeur lié aux performances. Pour quelqu’un qui n’a accès à Elden Ring que via Switch 2, ou qui valorise le jeu nomade, cette édition reste tout à fait jouable.
Les bonus de la Tarnished Edition (deux classes supplémentaires, quelques armures, des skins pour Torrent) ne changent pas vraiment l’équation. Ces cosmétiques sont d’ailleurs disponibles à l’achat sur les autres plateformes. Rien d’excitant, mais rien de trompeur non plus.
Ce qui résiste au temps : gameplay, monde et ambiance
Passé le choc des performances, la substance du jeu reste intacte. Le combat, malgré une caméra qui continue de se battre contre vous dans certains couloirs étroits, garde ce rythme particulier, exigeant sans être injuste quand on joue intelligemment. Les plateformes, en revanche, restent franchement horribles. Fromage, aucune amélioration là-dessus.
Les défauts structurels que j’avais notés lors de ma première partie existent toujours :
- Des boss copiés-collés dans des catacombes interchangeables
- Un design de boss tardif qui pénalise certaines constructions de personnage
- Des zones de fin de jeu moins grandioses que Limgrave ou Liurnia
- Des séquences de saut douloureuses à regarder et à jouer
Aucun de ces points n’a disparu. Mais ils pèsent différemment quand on cesse de vouloir tout faire et qu’on joue en RPG d’abord. FromSoftware a construit un monde où les personnages secondaires sont étranges, mémorables, souvent tragiques. Les quêtes annexes racontent des histoires que vous ne raconterez pas comme vos amis. C’est rare.
J’avais relancé cette Tarnished Edition pour une raison précise : me venger du boss final de Shadow of the Erdtree, que j’avais dû affronter avec un build modifié lors de ma première partie. Cette fois, j’ai utilisé mes propres armes, ma propre technique. Il m’a quand même donné du fil à retordre. Mais j’ai apprécié chaque tentative.
Pour qui recommander la Tarnished Edition ? Si la Switch 2 est votre seule option, foncez sans hésiter. Si vous possédez déjà Elden Ring sur PC ou console, rien ici ne justifie un double achat, sauf le plaisir de jouer dans le canapé ou en déplacement. La note : 8/10, avec un bémol technique honnête mais non rédhibitoire pour les joueurs patients.
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