Chef prépare crêpes indiennes dans restaurant authentique

Avis Dosa Divas : restaurant indien authentique et savoureux

Dosa Divas, le JRPG signé Outerloop Games, mise sur une promesse originale : mêler cuisine indienne, aventure familiale et combats au tour par tour dans un univers de science-fiction décalé. Sur le papier, l’idée accroche. À l’arrivée, le résultat est bien plus mitigé.

Une narration ambitieuse, une exécution en demi-teinte

L’histoire suit les sœurs Samara et Amani, réunies à bord de Goddess, un mech alimentaire doté de conscience. Leur mission : contrecarrer les plans de leur sœur Lina, dont la multinationale Linaworks a effacé les traditions culinaires et les identités culturelles au profit d’une fast-food industrielle. Le scénario porte une ambition réelle : faire de la nourriture un symbole de mémoire, de résistance et d’identité. C’est intelligent, et ça tranche avec la majorité des JRPG.

Pourtant, l’écriture se sabote elle-même. Les scènes graves et émotionnelles se heurtent frontalement à un humour potache qui désamorce toute tension. Un personnage récurrent — le marchand — illustre parfaitement ce problème : ses répliques graveleuses et ses avances répétées envers les protagonistes tombent à plat, faute de charme ou de cohérence narrative. Il devait probablement faire sourire. Il irrite.

Les Diva robotiques, quand elles prennent de l’importance dans le récit, ajoutent de la confusion plutôt que de la profondeur. Leurs arcs narratifs arrivent sans réelle intégration dans l’ensemble. Le doublage vocal, présent uniquement sur certaines lignes clés, souffre d’un script inégal qui empêche les comédiens de livrer quoi que ce soit de marquant. Le fond thématique existe. La forme l’étouffe.

Combat et cuisine — deux systèmes qui promettent, deux systèmes qui épuisent

Le cœur du gameplay repose sur deux piliers : les combats au tour par tour et la cuisine. Les deux partagent une même mécanique — les QTE — et les deux partagent les mêmes défauts.

Côté combat, le système est structuré autour d’un tableau de faiblesses élémentaires à la saveur culinaire :

Type d’attaque Effet sur l’ennemi vulnérable État spécial déclenché
Épicé Dégâts augmentés Bouclier affaibli
Sucré Effets de statut amplifiés Bouclier affaibli
Combinaison ciblée Bouclier brisé État « Stuffed » — dégâts multipliés

Sur le papier, ce système a du rythme. Amani balance des boules de feu colossales, Samara rebondit autour du terrain. Visuellement, c’est dynamique. Mais les QTE imposés à chaque attaque et chaque blocage deviennent vite une corvée. Aucune option d’automatisation n’est proposée. Sur la difficulté standard, rater un blocage peut mener rapidement au game over, car les soins restent rares et peu efficaces. Les fenêtres de timing sont floues, et le feedback visuel insuffisant. La frustration finit par l’emporter sur le plaisir.

La cuisine n’échappe pas à ce constat. Collecter des ingrédients — bananes, poissons, oignons rouges, sel gemme — pour préparer des dosas dans le mini-jeu de cuisine de Goddess est une idée séduisante. Les recettes s’inspirent de plats réels, et franchement, pour quelqu’un peu familier avec cette cuisine, l’aspect éducatif fonctionne. Mais les mêmes QTE basiques reviennent inlassablement — appuyer frénétiquement sur un bouton pour saupoudrer du sel, tourner le stick pour étaler l’huile. Répéter les mêmes recettes des dizaines de fois pour des quêtes obligatoires transforme ce qui aurait pu être une mécanique charmante en une tâche rébarbative.

La progression des personnages mérite une mention. Les compétences de base et les capacités ultimes sont débloquées via un système d’affection villageoise — détruire des panneaux de propagande, cuisiner pour des PNJ, vaincre des ennemis. Ce n’est pas une liberté de progression — c’est une liste de tâches. La personnalisation des personnages est quasi inexistante — les compétences se débloquent à des paliers fixes, sans possibilité de les modifier.

Direction artistique et ambiance sonore — un cocktail qui manque de caractère

L’univers de Dosa Divas s’appuie sur un style cartoon aux personnages aux membres surdimensionnés et aux visages expressifs. La patte graphique est reconnaissable, certes. Mais la palette de couleurs criardes rend les PNJ difficiles à différencier les uns des autres. Pire : cet esthétisme cartoonesque entre régulièrement en contradiction avec les moments censés être émouvants du scénario.

Les environnements ne compensent pas ce sentiment. On traverse un village sur une falaise, une colonie souterraine parmi des racines d’arbres, une zone lacustre. Trois décors, peu de variété. Les capacités de traversée de Goddess — grappin, foreuse — s’ajoutent progressivement, mais elles ramènent systématiquement dans les mêmes zones. La découverte reste anecdotique.

La bande sonore effleure une identité culturelle forte dans ses premières mesures, avec des sonorités qui évoquent les musiques du sous-continent indien — un peu comme certaines tendances culinaires qui se réinventent et intéressent, à l’image de ce qui explique l’engouement mondial pour des saveurs venues d’ailleurs. Malheureusement, la bande originale se stabilise rapidement sur des boucles légères et répétitives, guitare pincée et rythmes sautillants, qui n’accompagnent jamais vraiment les émotions à l’écran.

Verdict : à qui s’adresse vraiment Dosa Divas ?

Voici les points à retenir avant de vous décider :

  • Le thème culinaire et culturel est original et porteur de sens
  • Les combats ont du style visuel, mais les QTE épuisent rapidement
  • La narration manque de cohérence tonale
  • La durée de vie est courte, mais la frustration reste constante tout au long
  • La personnalisation des personnages est quasi absente

Note : 5/10. Dosa Divas s’adresse avant tout aux joueurs curieux des JRPG courts, peu exigeants en termes de progression, et sensibles aux thèmes de la culture et de l’identité. Si les QTEs vous agacent dans d’autres jeux, passez votre chemin. Pour les autres, le potentiel narratif et l’originalité du concept méritent au moins un regard — même si le plat manque de finition dans l’assiette.