Ys X : Proud Nordics review : test complet du dernier opus de la saga Ys

Ys X : Proud Nordics review : test complet du dernier opus de la saga Ys

Quelques années après sa deuxième aventure, Adol Christin reprend la mer vers de nouveaux horizons. Cette version enrichie du dixième épisode propose une expérience améliorée avec son lot de nouveautés, notamment à travers les quêtes EX et l’exploration d’Oland. Le golfe d’Obelia devient le théâtre d’une épopée maritime où Adol et la princesse pirate normande Karja doivent unir leurs forces pour sauver toute une région des griffes d’une armée monstrueuse immortelle. Cette analyse complète décortique les forces et faiblesses de cette édition définitive.

Un système de combat renouvelé et dynamique

La mécanique d’affrontement constitue le point fort majeur de cette production. Le gameplay repose sur un système d’action en temps réel où vous contrôlez alternativement Adol ou Karja, chacun possédant un style unique. Le premier privilégie la rapidité d’exécution tandis que la seconde manie une hache imposante accompagnée d’attaques glacées dévastatrices.

Les capacités de mana enrichissent considérablement l’exploration et les phases d’affrontement. Parmi celles-ci, la Mana String et le Mana Board facilitent grandement les déplacements dans les environnements. L’édition Proud Nordics introduit le Mana Hold, permettant de soulever télékinétiquement des blocs ou rediriger des projectiles. Bien que cette nouvelle faculté nécessite un affinage au niveau de la visée, elle ajoute une dimension supplémentaire aux énigmes environnementales.

La fluidité des transitions entre les deux protagonistes impressionne particulièrement. Leurs attaques conjointes délivrent une puissance remarquable, renforçant l’impression d’un véritable tandem opérationnel. Toutefois, les combats de boss vers la dernière partie du jeu testent davantage l’endurance que la maîtrise technique pure. Cette approche streamlinée du combat, comparée aux précédents opus permettant de diriger plusieurs personnages, renforce néanmoins la cohésion narrative entre les deux héros liés par une chaîne mystique.

Navigation maritime et exploration du golfe d’Obelia

Le Sandras, vaisseau principal, évolue progressivement en véritable ville flottante. Au fil de votre progression, vous libérez des habitants kidnappés qui rejoignent l’équipage, apportant chacun leur contribution unique. L’exploration maritime révèle de nombreuses îles recelant secrets et trésors, avec la recherche de pikkards perdus constituant une activité annexe agréable.

Les affrontements navals, bien que moins laborieux que dans certains autres RPG maritimes, demeurent correctement gérés. Une amélioration régulière de votre embarcation garantit des confrontations équilibrées. La traversée peut néanmoins s’avérer lente, justifiant l’utilisation fréquente du système de téléportation rapide vers les zones découvertes.

Aspect du gameplay Points positifs Points négatifs
Combat terrestre Fluide, rapide, système de combo efficace Boss finaux axés sur l’endurance
Batailles navales Gérables avec améliorations, pas trop punitives Manquent parfois de dynamisme
Exploration Variée, capacités mana bien intégrées Déplacements en bateau lents
Progression Amélioration du navire satisfaisante Certaines textures peu détaillées

Développer les affinités avec les membres d’équipage débloque des quêtes personnelles enrichissantes. Bien que ces compagnons ne suivent généralement pas Adol dans les donjons, contrairement aux autres titres de la licence, leur écriture demeure soignée. Rafe, Ashley et Ezer se distinguent particulièrement par leurs arcs narratifs. Même Dogi, fidèle compagnon d’Adol à travers la série, subit une relégation au second plan, tendance récurrente dans les opus récents.

Quêtes EX et contenu additionnel d’Oland

L’île mystérieuse d’Oland représente l’ajout majeur différenciant cette version de l’originale. Accessible à mi-parcours des dix chapitres, cette vaste région teste vos compétences acquises face à des adversaires coriaces répartis dans plusieurs donjons. L’intrigue secondaire implique Canute, cousin de Karja, et sa Sœur de Bouclier Astrid, organisant une compétition pour découvrir les secrets ancestraux ayant contraint les Normands à abandonner leur terre natale.

Ces missions supplémentaires présentent une longueur conséquente mais s’intègrent maladroitement à la trame principale. La dernière quête EX s’active particulièrement mal, juste avant le boss final principal, obligeant un aller-retour vers Oland pour traverser un donjon labyrinthique et affronter son gardien ultime, avant de revenir terminer le récit principal.

Parmi les activités supplémentaires proposées sur Oland :

  1. Courses de Mana Board offrant des défis chronométrés stimulants
  2. Combats de colisée permettant d’entraîner efficacement le duo protagoniste
  3. Exploration de donjons thématiques avec mécaniques de progression variées
  4. Affrontement final multi-phases contre un adversaire redoutable

Canute et Astrid, malgré leur potentiel, souffrent d’un développement tardif réservé à la conclusion des quêtes EX. Cette construction narrative limite leur impact mémoriel comparé aux personnages centraux. Le contenu apporte néanmoins des éléments de lore intéressants concernant l’histoire du golfe, sans véritablement enrichir la narration principale.

Réalisation technique et dimension narrative

Visuellement, le titre affiche une belle vivacité chromatique avec des modèles de personnages expressifs et détaillés. Les environnements traversés à pied bénéficient d’une conception intelligente favorisant la réflexion sans frustration excessive. Certains terrains et ennemis présentent par contre une similarité visuelle, tandis que quelques pop-ups apparaissent dans les donjons finaux, problème normalement résolu par le patch jour un.

La localisation française atteint un niveau d’excellence remarquable sans erreurs notables, exploit considérable pour un script aussi conséquent. La bande-son maintient les standards élevés de la franchise avec des compositions transmettant parfaitement le sentiment d’émerveillement et l’intensité des combats. Les morceaux additionnels comme « Mighty Blizzard » enrichissent encore cette expérience auditive.

Le doublage anglais s’avère globalement convaincant, avec une mention spéciale pour Cherami Leigh incarnant Karja. La distribution vocale demeure sporadique avec de longues séquences sans doublage, choix surprenant pour une production de cette envergure. Graphiquement, certaines textures d’objets collectés manquent de finition, évoquant un style « gacha » moins flatteur.

Narrativement, Karja constitue la véritable force motrice de cette aventure. Son évolution personnelle façonne le récit tandis qu’Adol incarne l’enthousiasme pour l’exploration permettant l’immersion du joueur. La série Ys semble actuellement à un carrefour, cherchant à développer une continuité narrative plus importante à l’instar de sa série sœur Trails, approche générant des réactions mitigées parmi les aficionados. Cette version définitive constitue indéniablement le choix optimal pour les néophytes, mais demander le prix fort aux possesseurs de l’édition originale pour du contenu assimilable à une extension reste discutable.